Dossier e-santé : Une technologie accessible

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Étudiant en pédicurie-podologie (P2), Jonathan a choisi de consacrer son mémoire de fin d’année au projet de semelle connectée auquel il a travaillé durant la semaine d’expérimentation sur l’e-santé organisée par le département international de l’École d’Assas en partenariat avec le CRI Paris. Après Laura, étudiante en ergothérapie, Rubén, étudiant espagnol en Erasmus+ de kinésithérapie, il nous fait partager ses impressions sur une expérience qui est loin d’être terminée pour lui.

Jonathan, qu’est-ce qui vous a donné envie de sacrifier vos vacances pour participer à ce projet e-textile et santé ?
Jonathan : C’est le thème même de la semaine. J’avais assisté à la présentation du CRI faite par Olivier Bory lors de la conférence scientifique de l’École et quand Nicole Maurice m’a informé de cette semaine, j’ai tout de suite dit oui. Ce qui m’intéressait, c’était de pouvoir découvrir l’actualité de l’e-santé car la santé est un domaine en pleine évolution. L’esprit du CRI aussi m’a attiré : c’est un lieu où circulent les idées et les projets.

Quel a été votre projet ?
Jonathan : J’étais le seul podo mais j’ai pu travailler à un projet dédié à la podologie, en tandem avec une étudiante kiné et avec le soutien de deux personnes du CRI. Nous avons choisi d’aller vers la réalisation d’une semelle connectée.
Au début de la semaine, nous avons eu deux formations techniques : l’un sur les micro-contrôleurs et l’autre sur les propriétés des textiles connectés. À partir de là, nous avons été invités à imaginer un produit, un outil, les associant au service d’une activité ou d’un programme de rééducation.
Nous nous sommes orientés vers la fabrication d’un prototype de semelle pour l’analyse des appuis au sol du pied. La technologie que comporte la semelle, c’est un circuit d’intensité variable associé à une mousse compressible servant de résistance. Cet ensemble est ensuite pris entre deux couches de cuir et habillé d’une chaussette textile. L’idée, c’est celle d’un circuit conducteur relié à un logiciel d’enregistrement et d’analyse.
Pour notre projet, nous avons défini trois zones d’enregistrement : sur le talon, sur le médio-pied et sur l’avant-pied. Pour chacune de ces zones, nous avons donc découpé une feuille de cuivre servant de capteur et reliée à un contrôleur. Ce que notre semelle mesure, c’est la pression exercée sur la zone choisie. Le matériau intelligent enregistre l’intensité de l’appui et la transforme en un signal analogique à son tour traduit en une valeur numérique : plus la pression est forte, plus la mousse se comprime, plus le circuit de cuivre est sollicité et plus la valeur du signal est élevée.

Seul podologue, vous avez dû travailler dans un environnement plurisdisciplaire : comment cela s’est-il passé ?
Jonathan : Au niveau humain, l’un des enjeux, c’était de réussir à dialoguer entre technique et santé mais je dois dire que les tuteurs du CRI mis à notre disposition ont vraiment été efficaces. Ils n’ont eu aucune difficulté à se mettre à notre portée et ont parfaitement joué leur rôle de facilitateurs.
Avec Annaëlle, l’étudiante en kinésithérapie, nous avons facilement pu nous coordonner, notamment parce qu’en matière de rééducation, nos attentes et nos approches se complétaient. Nous avons travaillé en nous entraidant, chacun de nous étant leader dans un domaine : je me suis concentré, comme vous l’aurez compris, sur la réalisation du prototype tandis qu’elle a pris la direction de tout ce qui regardait la promotion du projet. Elle a notamment fabriqué un support pour présenter la semelle – sur un stand lors d’un salon par exemple – mais aussi réalisé une vidéo de présentation que j’ai utilisée, à mon retour à l’IFPP, pour rendre compte de ma semaine à mes professeurs.

Envisagez-vous une suite ?
Jonathan : Oui, bien sûr. D’abord parce que je vais en faire le sujet de mon mémoire de fin d’année. L’École m’a donné son aval pour continuer à travailler dans cette direction en cherchant à imaginer des produits adaptés aux besoins de la podologie suivant le modèle étudié au cours de la semaine au CRI. Mon idée est de proposer des solutions pour construire des produits intelligents avec une technologie « frugale » : comment mettre en œuvre les matériaux et les ressources les plus accessibles pour réaliser le produit le plus efficace possible.

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Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.