Les étudiants Assas Podo à l’arrivée du Marathon de Paris

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Près de 50 000 participants et quasiment autant de coureurs à l’arrivée (48 073 exactement) : le Marathon de Paris est un monument du sport parisien. Cette année encore, une équipe d’étudiants podologues de l’École d’Assas, conduite par Hans Heitz, responsable pédagogique P2 et P3, a eu le privilège d’y participer en prenant soin des équipes de coureurs.

Dimanche 14 avril 2019, 9 heures. Alors que les premiers coureurs du Marathon de Paris sortent du bois de Vincennes, de l’autre côté de la capitale, avenue Foch, l’équipe de podologues de l’IFPP de l’École d’Assas est déjà à l’œuvre au village d’arrivée. Le travail des soignants n’attend pas en effet que les premiers athlètes aient franchi la ligne pour démarrer : consignes, répartition des postes, contrôle et installation du matériel, petit-déjeuner copieux pour tenir le coup d’une longue journée… il y a de quoi faire avant de se pencher sur son premier pied !

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« Le Marathon de Paris est vraiment une course à part, explique Hans Heitz. Les étudiants volontaires pour y participer ne manquent pas, nous donnons la priorité aux plus assidus d’entre eux ». « Par le passé nous y avions participé en liaison avec tel ou tel sponsor alors que cette année nous avons directement travaillé avec la société organisatrice, c’est une belle preuve de confiance. » Jean-Pascal Beaumont, directeur de l’IFPP, se félicite lui aussi de ce partenariat avec le principal organisateur de compétitions sportives français : « Cela permet à nos étudiants de participer au succès d’une épreuve de renom dans des conditions de pratique professionnelle aussi exigeantes que gratifiantes. »

« Pour nos étudiants, poursuit Hans Heitz, c’est une occasion rare de voir en une journée un très large échantillon de pathologies unguéales et cutanées. La variété des situations cliniques et le rythme soutenu des soins donnent à cette expérience toute sa valeur pédagogique. » C’est ce que confirme Émilie, étudiante en P3 : « Au cours du marathon de Paris, nous ne voyons pas les mêmes pathologies qu’à l’école. Nous travaillons en pluridisciplinarité avec les étudiants kinésithérapeutes et ostéopathes et intervenons pour les soins d’urgences tels que les phlyctènes sous-unguéales par exemples qui peuvent être assez impressionnantes pour les patients. En tant que futurs professionnels, une telle manifestation nous permet de perfectionner nos compétences techniques pour mieux soigner nos patients demain. ». Enchantée par cette « très riche expérience » et l’ambiance unique d’une telle journée, Chloé, étudiante en P2, a pour sa part déjà fait une croix dans son agenda pour la prochaine édition : ce sera le 5 avril 2020 et l’École d’Assas sera fidèle au RDV.

Les étudiants podos et kinés de l’école d’Assas participent régulièrement à des évènements sportifs :

Kiné, enseignant, chercheur et interne en médecine : portrait d’Arnaud Delafontaine

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Kiné et (bientôt) docteur en médecine : Arnaud Delafontaine est un pionnier de la rééducation de demain. Spécialiste de la marche, il n’a jamais cessé d’étudier depuis l’obtention de son diplôme d’État (DE) en 2008. Enseignant à l’IFMK de l’École d’Assas, il est depuis 2010 juré du DE. Il nous présente aujourd’hui son parcours alors qu’il termine son premier semestre d’internat en médecine physique et de réadaptation (MPR) et vient de publier un article dans la revue Frontiers in Neurology.

« Parfois, certains ne comprennent pas que je sois encore étudiant mais, à mes yeux, c’est une opportunité formidable. Lors de ma première année d’IFMK, j’ai travaillé avec un manuel intitulé « Biomécanique fonctionnelle » et ai découvert, en lisant les présentations des différents auteurs, que l’un d’eux, Michel Pillu – conseiller scientifique et membre du département international de l’École d’Assas –, était non seulement kiné mais aussi docteur en sciences. Pour moi, qui venait de Staps, cela a aiguisé ma curiosité. D’une part, j’ai commencé à comprendre que si ce livre me plaisait c’est parce qu’il associait l’explication clinique à la recherche appliquée et, de l’autre, que mes études pouvaient se poursuivre après le diplôme d’État. »

Après avoir décroché son DE de masseur-kinésithérapeute (MK) en 2008, Arnaud Delafontaine a donc poursuivi, en parallèle de son activité professionnelle, ses études de Staps jusqu’à soutenir une thèse sur le contrôle moteur à Paris-Sud. Loin d’être un aboutissement, ce doctorat ès sciences lui a permis de rentrer en troisième année de médecine – à l’époque, en effet, la reconnaissance du diplôme MK permettant de s’inscrire en deuxième année de médecine n’existait pas encore. Le voici aujourd’hui interne en médecine physique et de réadaptation (MPR), achevant son premier semestre de stage dans le service de neurologie et neuro-vasculaire de l’hôpital de Beauvais.

 

Apprendre, comprendre et transmettre

Ce parcours, inimaginable il y a quinze ans, a bien entendu été favorisé par l’universitarisation croissante des métiers de santé. Mais il s’explique avant tout par la volonté constante d’Arnaud de nourrir sa pratique par une meilleure compréhension de l’acte à accomplir, donc de fonder sa réflexion clinique sur ses connaissances universitaires et ses travaux de recherche.

Son esprit de curiosité scientifique se manifeste aussi par sa participation régulière au jury du DE : « Être juré du DE, explique-t-il, est un exercice de style intéressant qui m’aide à rester en phase avec l’actualité scientifique. Une étude récente a montré que la rééducation est le domaine médical et paramédical qui compte le plus grand nombre de publications scientifiques dans le monde chaque année. Comme il n’est pas possible de tout lire, chaque mémoire de fin d’études offre un aperçu de l’état des connaissances dans un domaine donné. En fonction du niveau de l’étudiant, cela permet d’exercer sa propre curiosité intellectuelle et de valoriser auprès de futurs professionnels l’importance de la recherche voire de les encourager à s’y investir. Depuis dix ans, cela m’a permis d’accompagner une douzaine de diplômés ayant travaillé sur des thématiques proches des miennes vers un master 2 et même un vers un doctorat. J’espère qu’il y en aura encore de nombreux autres… »

 

L’importance des publications scientifiques

La démarche universitaire d’Arnaud Delafontaine ne serait pas complète sans cette possibilité de transmettre, à son tour, ses connaissances par le biais de l’enseignement comme de la divulgation scientifique. Auteur de nombreux articles et communications lors de congrès, Arnaud vient de publier ses derniers travaux sur la marche dans la revue Frontiers in Neurology. L’article est intitulé « Anticipatory Postural Adjustments During Gait Initiation in Stroke Patients » [Ajustements posturaux anticipateurs lors de l’initiation à la marche chez les patients victimes d’un AVC] et s’intéresse aux conséquences des pathologies neurologiques sur l’appareil locomoteur.

Il faut savoir que la grande majorité de la littérature anglosaxonne sur l’analyse de la marche est rédigée par des biomécaniciens : « En soi, c’est bien et cela nous fournit de nombreuses données scientifiques, mais, souligne Arnaud Delafontaine, cela demeure étranger à l’expertise du masseur-kinésithérapeute. Pour moi, écrire doit servir à mettre en évidence l’aspect pratique fondamental d’une problématique donnée, pour contribuer à améliorer la rééducation et donc la qualité de vie des patients. »

 

Anticiper et accompagner les évolutions du métier

Cependant, il n’y a pas que l’évolution des connaissances fondamentales qui influence la rééducation, l’évolution des thérapies en amont (chirurgicales ou médicamenteuses) a elle aussi des répercussions sur le travail des rééducateurs. Par exemple, depuis deux ans, on commence à pratiquer des greffes de ménisque alors qu’auparavant on procédait par suture ou ablation : les kinésithérapeutes doivent donc comprendre comment se rééduque un ménisque greffé. C’est là que la recherche trouve toute son importance. Quel protocole faut-il mettre en place pour mesurer l’efficacité de la rééducation ? Y a-t-il une technique meilleure qu’une autre pour renforcer la greffe du chirurgien ? Y a-t-il des techniques dangereuses pour la tenue de la greffe ?

Enfin, au-delà de l’évolution des savoirs et de celle des interventions préalables à la rééducation, il y a une autre évolution à surveiller, c’est celle des outils d’évaluation. « La santé connectée, explique Arnaud Delafontaine, ouvre des perspectives nouvelles aux rééducateurs. C’est d’ailleurs ce que la dernière conférence scientifique de l’École d’Assas, que j’ai eu le privilège de conclure, a illustré. » Une simple montre connectée, par exemple, en favorisant la communication et le partage de données, permet de mieux individualiser les soins et d’affiner les programmes de rééducation. Elle peut permettre aussi de révéler des pathologies secondaires non encore diagnostiquées. Là encore, pour aider les kinésithérapeutes à s’approprier ces techniques et à comprendre comment les insérer dans leur expertise clinique, le travail de recherche à un rôle à jouer.

Enseignant en pédiatrie à l’IFMK de l’École d’Assas, Arnaud Delafontaine est attaché à « une école qui joue un rôle pionnier en matière d’ouverture à l’international et de travail ». Une école qui est aussi, et ce n’est pas un hasard, celle de Michel Pillu !

> Retrouvez l’article sur Frontiers in Neurology

L’École d’Assas ouvre les portes de la santé connectée à ses étudiants

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En mars dernier, 14 étudiants des trois instituts de l’École d’Assas – kiné, podo et ergo – ont participé à une expérimentation pédagogique innovante en partenariat avec le CRI Paris (Centre de recherches interdisciplinaires), portant sur la compréhension et l’appropriation des nouvelles technologies dans le domaine de la rééducation.

Le principe de cet atelier, organisé à l’initiative du département international de l’École d’Assas, était de confronter les expertises de terrain de nos étudiants aux expertises techniques des ingénieurs et designers du CRI pour trouver et développer des prototypes adaptés à des cas précis en utilisant les propriétés des textiles connectés et des outils de capture de mouvement.

Travail en équipe : la clé du succès

À l’image de Jonathan, en deuxième année de podologie, ce qui a motivé les étudiants à participer, c’est le thème même de l’atelier : « J’avais assisté à la présentation du CRI faite lors de la conférence scientifique de l’École en janvier et quand j’ai été informé de cet atelier, j’ai tout de suite dit oui. Ce qui m’intéressait, c’était de pouvoir découvrir l’actualité de l’e-santé car la santé est un domaine en pleine évolution. L’esprit du CRI aussi m’a attiré, car c’est un lieu où circulent les idées et les projets. »

Au cœur de cette expérience pédagogique unique, dirigée par Olivier Bory, interne de médecine générale et coordinateur du HealthLab du CRI, il y a à la fois le travail en équipe et l’interdisciplinarité : celle entre étudiants de différentes professions de santé et celle entre étudiants du monde de la santé, ingénieurs, programmeurs et designers. C’est ce que résume bien Laura, étudiante en ergothérapie : « Ce que je retiens, c’est d’abord le travail en équipe : comme on avait un temps déterminé pour réaliser notre projet, il a fallu bien gérer nos relations, bien répartir nos responsabilités, pour être le plus efficace possible. Ensuite, j’ai beaucoup apprécié l’interdisciplinarité : c’était d’autant plus enrichissant que l’on s’est bien entendu et que l’ambiance était excellente ; on a pu se donner des conseils de groupe à groupe. » Étudiant Erasmus en quatrième année de kinésithérapie à Valence, en Espagne, Rubén, souligne pour sa part l’importance de la patience et du respect mutuel, « par-delà les différences culturelles, techniques ou linguistiques ».

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La rééducation en mode connecté

Sur le plan technologique, les étudiants ont mis en œuvre les matériaux et les instruments à leur disposition pour développer différents prototypes, comme un gant connecté pour la mesure des amplitudes articulaires du poignet ou une semelle intelligente pour l’analyse des appuis au sol du pied. Alexandre et Clotilde, étudiants en kinésithérapie, ont pour leur part travaillé à la réalisation d’un gant pour la rééducation du pouce. « Comme cette rééducation est souvent longue et fastidieuse, nous avons imaginé un gant ludique, associant un textile intelligent à des capteurs reliés à des diodes lumineuses pour chacune des phalanges du pouce, explique Clotilde. À partir de là, suivant le principe de certains jeux éducatifs bien connus, notre gant permet au patient soit de reproduire une séquence de couleurs proposées par un programme, soit de tenter des combinaisons de mouvements pour trouver une combinaison secrète. »

Titulaire d’un diplôme d’ingénieur, Clotilde a trouvé dans la participation à ce projet original une confirmation de sa volonté de pouvoir, demain, conjuguer ses deux compétences – celle d’ingénieur et celle de kinésithérapeute – pour contribuer à individualiser encore mieux les soins de rééducation en fonction des besoins du patient.

Au bout du compte, cette expérimentation manifeste bien l’esprit d’innovation qui caractérise l’École d’Assas ; et son principal mérite est d’avoir permis à nos étudiants de découvrir des façons de penser et de communiquer nouvelles.

Pour en savoir plus sur cette expérimentation, retrouvez les témoignages des étudiants :

 

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

L’Institut de Formation en Ergothérapie s’inspire des pratiques internationales

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Courant mars, les étudiants en ergothérapie de l’École d’Assas ont eu le privilège de rencontrer des professionnels étrangers venus leur présenter à la fois les grandes lignes de l’ergothérapie dans leurs pays respectifs et la pratique qui est la leur.

L’ergothérapie en Espagne…

C’est dans le cadre de l’interdisciplinarité que deux chercheurs de l’université de Grenade – un ergothérapeute, Ramón Romero Fernandes, et une infirmière, María Granados Santiago – ont été reçus sur le site du Mérantais, où se trouve l’Institut de Formation en Ergothérapie (IFE) de l’École d’Assas. Tous deux doctorants, Ramón et María travaillent à la fois sur la santé mentale et sur la réhabilitation respiratoire.

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Durant deux jours, ils ont illustré les grandes lignes de l’ergothérapie dans leur pays. Pour commencer, il faut savoir qu’en Espagne les études sont exclusivement universitaires et se déroulent sur 4 ans (contre 3 en France), la dernière année étant exclusivement consacrée à la pratique clinique alors qu’en France, les études sont en alternance théorie/pratique en cycles de 8 semaines dès la deuxième année.

En soi, l’ergothérapie espagnole est très similaire à l’ergothérapie française même si l’exercice de la profession y est différent. C’est ce qu’explique Christine Buzy, responsable pédagogique de l’IFE : « En Espagne, la pratique de l’ergothérapie est réalisée en centres hospitaliers ou en maison médicales, le système de soins est différent et la pratique libérale n’existe pas. L’exercice est essentiellement salarié. En France, l’exercice libéral est en plein essor. »

« Comme chez nous, poursuit-elle, il s’agit d’une profession peu connue mais à fort potentiel, et qui se structure. L’Espagne compte à peu près le même nombre d’ergothérapeutes par habitant que la France, soit la moitié du nombre que l’on trouve dans les pays d’Europe du Nord. Cela laisse entrevoir, une forte croissance du nombre de praticiens, notamment parce que la population vieillit, que les maladies chroniques et dégénératives produisent des situations de handicap, et que l’espérance de vie des personnes en situation de handicap s’allonge. »

Pour faciliter les échanges avec Ramón et María, qui intervenaient en anglais sous forme de travaux dirigés, les étudiants avaient été divisés en deux groupes. Cela a permis à certains d’entre eux, hispanophones, d’échanger plus en détail avec les invités.

… et au Japon !

Comme en Espagne, les études d’ergothérapie au Japon se font dans un cadre universitaire et sur 4 ans, sauf que la place accordée à la formation pratique en alternance y est encore plus importante. C’est ce qu’a expliqué l’autre invité international de l’IFE, Bumpei Kunimoto, ergothérapeute et danseur japonais.

La visite de Bumpei s’inscrivait dans l’étude des modèles d’intervention en ergothérapie, qui figure précisément au programme du premier semestre de cours des étudiants.

En plus de donner aux étudiants un aperçu de l’ergothérapie dans son pays, Bumpei leur a présenté le modèle de pratique (modèle Kawa) et l’outil thérapeutique qu’il a développé en s’appuyant sur ses compétences artistiques. Chorégraphe et danseur, Bumpei organise en effet sa pratique ergothérapique personnelle autour de la danse, « discipline qui lui permet d’entrer en relation avec les personnes en difficulté ». Pratiquée en groupe, la danse favorise l’intégration sociale et permet de déstigmatiser le handicap.

Les étudiants ont pu le vérifier puisque Bumpei leur a offert de participer à une mise en situation en recréant, avec l’aide d’un danseur, une séance type telle que celles qu’il dirige avec ses patients. « Cette séance très concrète a été très bien accueillie par nos étudiants, explique Christine Buzy : cela leur a montré toutes les potentialités du modèle de pratique japonais, qui considère que l’ergothérapeute peut et doit concourir au bien-être global de la personne et pas simplement lui fournir le fauteuil roulant le plus adapté à son handicap ou sa pathologie. En ce sens, la danse, qui permet de bouger, de coordonner ses gestes (avec la musique comme avec les autres), est un excellent support qui permet l’expression de la créativité du participant et son intégration au sein d’un groupe dans un contexte de normalité, quelles que soient ses propres difficultés. La danse est une activité signifiante pour celui qui la pratique et porteuse de sens et de symbolisation. »

À retenir : l’ergothérapie est une profession en plein développement. Il y a 20 ans, on dénombrait seulement 7 instituts de formation en France ; il y en a aujourd’hui 25. Le nombre de diplômés, lui, est passé de 250 à 1200 et la demande de prestations est encore loin d’être satisfaite.

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