Tampere 2019 : retour de stage kiné

Tampere 2019 Physio experience Paris

Pierre, étudiant en troisième année de kinésithérapie, a effectué son stage du semestre 5 en Finlande, dans le cadre de l’accord bilatéral entre l’École d’Assas et l’Université de Tampere (TAMK). Il nous raconte ce séjour de deux mois.

Tampere possède sûrement le nom de ville finlandaise le plus facile à prononcer. C’est une ville étudiante dynamique et riche en activités : j’ai pour ma part profité de son parc d’attraction, fait du canoë sur le lac Nord, et suis parti en randonnée dans la nature environnante.

C’est à l’université que j’ai passé les premiers jours de mon stage aux côtés des autres étudiants étrangers en mobilité à Tampere. On y fait connaissance, on découvre la ville et la culture locale. J’ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec des étudiants venant du Danemark, du Mexique, d’Espagne, etc. La deuxième semaine, les étudiants sont regroupés par filière (santé, management, etc.) et prennent connaissance de leur programme et de leur lieu de stage.

Tampere 2019Mon stage s’est déroulé dans un centre de réhabilitation nommé Tammenlehvakeskus et situé non loin de l’université. Cette expérience professionnelle de 4 semaines m’a permis par-dessus tout d’évoluer dans ma communication avec les patients et de développer mon anglais en acquérant un vocabulaire médical. J’ai été placé en service de neurologie et ai ainsi pu traiter des patients atteins de Parkinson, de troubles cognitif, etc. Ma tutrice était très pédagogue et cherchait toujours à encourager les stagiaires, ce qui nous mettait en confiance avec les patients. J’ai noté que les différents professionnels de santé communiquaient beaucoup entre eux , que ce soit en direct ou à travers les comptes rendus qui réalisés après chaque traitement d’un patient.

Les deux choses qui m’ont le plus marqué dans la conception de la santé en Finlande, c’est, d’une part, la place importante accordée à la psychologie au cours du traitement et, d’autre part, l’action des services sociaux pour aider le patient lors de son retour à domicile. Ainsi, au cours de ce stage, j’ai accompagné ma tutrice lors d’une visite en appartement organisée pour évaluer la nécessité de mettre en place, ou pas, une aide à domicile pour un patient.

Cette expérience unique, que je recommande à tous, m’aura incontestablement fait grandir professionnellement et individuellement.

Pierre, K3

Tampere 2019

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne (Programme Erasmus+). Cette communication n’engage que son auteur et la Commission européenne n’est pas responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qui y sont contenues.

Choisir Assas pour l’apprentissage, une option gagnante

choisir assas apprentissage

Raphaël est en quatrième année de kinésithérapie à l’École d’Assas. Après avoir financé ses deux premières années d’études en travaillant en soirée et par un prêt étudiant, il a signé un contrat d’apprentissage avec l’hôpital Henri Mondor à son entrée en K3. Cette opportunité lui permet d’acquérir au jour le jour une expérience pratique qui lui offre une vision toujours plus claire de son projet professionnel.

« En fait, explique-t-il, c’est parce que l’École d’Assas proposait la possibilité de contrats d’apprentissage que je l’ai choisie après le concours. Dès ma deuxième année j’ai postulé pour un contrat mais sans succès. Quand l’offre de contrat à Henri Mondor nous a été communiquée en fin de K2, j’en ai tout de suite profité. Au-delà de l’aspect financier qui me permet de couvrir le paiement de mes frais de scolarité, je ne me sentais pas prêt à m’installer comme professionnel libéral dès ma fin d’études. En alliant cours à l’IFMK et travail à l’hôpital, je gagne du temps sur mon entrée dans la vie professionnelle : mon approche des études comme du métier est plus rigoureuse et motivée. »

Concrètement, Raphaël est en cours toute l’année mais passe tous ses stages et toutes ses vacances, sauf un mois d’été, sur son lieu d’apprentissage.

apprentissage choisir assas« Henri Mondor est un grand hôpital, qui fait beaucoup de place aux apprentis. Depuis que j’y suis, j’ai travaillé en orthopédie, en neurologie, en dermatologie et en réanimation : médicale, chirurgicale, cardiaque et, en ce moment, digestive. Dans chaque service, l’apprenti est appuyé par un tuteur dédié qui est son référent. Je dois dire que l’accueil des différentes équipes est toujours très inclusif et que nous sommes très vite responsabilisés au quotidien, et traités comme des employés à part entière de l’AP-HP à laquelle appartient Henri Mondor. Côté Assas, c’est Nicole Maurice qui est notre interlocutrice – nous sommes une dizaine d’étudiants kiné de l’École en apprentissage à Henri Mondor – et nous nous sentons toujours soutenus. Comme apprenti, je dois deux années de travail à mon employeur (une par année d’apprentissage). Et je dois dire que ce travail en équipe me plaît et me fait aujourd’hui envisager de continuer à travailler en milieu hospitalier par la suite. Y compris parce que certains de mes futurs collègues seront les étudiants qui sont aujourd’hui en apprentissage avec moi : nous partagerons le même vécu, les mêmes connaissances, la même formation, c’est une base solide pour bien travailler. »

Tout en caressant un objectif précis, celui de s’installer à Marseille, Raphaël envisage à terme d’associer travail hospitalier à travail en libéral. Non sans avoir, auparavant, si l’occasion se présente, pris son envol pour aller découvrir l’exercice de la kinésithérapie dans un pays étranger. Un projet professionnel que la sécurité et la rigueur de l’apprentissage lui permettent d’envisager avec sérénité.

International : une kiné chinoise à l’école française

kiné chinoise

Dans le cadre des accords entre l’université de Wenzhou et l’École d’Assas, une étudiante chinoise en quatrième année de kinésithérapie, Yao Han Wang, est venue effectuer un stage de deux mois à Paris, en septembre et octobre 2019. Avant de regagner la Chine, elle nous a adressé le témoignage suivant, établissant d’intéressantes comparaisons entre kiné chinoise et kiné française.

Tout d’abord, je suis vraiment reconnaissante d’avoir eu cette opportunité unique de vivre une vie si différente de ce que je connais habituellement. Cela m’a permis à la fois d’en apprendre davantage sur la kinésithérapie, mais aussi d’élargir ma vision et mon expérience, tout en relevant un défi de taille, celui de me retrouver plongée, seule, dans un environnement complètement nouveau, avec l’obstacle de la langue et de styles de vie différents. Heureusement, la bienveillance des professeurs, des élèves de l’école et du personnel de l’hôpital, et celle de tant de Français sympathiques, a rendu ce voyage très agréable.

La découverte du travail du praticien libéral

Pendant mon séjour, j’ai travaillé en cabinet libéral, ce qui était nouveau pour moi. J’ai appris le fonctionnement d’un tel cabinet et pu observer de façon privilégiée le travail du praticien : j’ai ainsi réalisé à quel point les détails sont importants. J’ai appris de mon tuteur l’attitude à avoir envers les patients : tous les accueillir avec le sourire, se comporter avec eux de façon toujours polie et respectueuse, leur montrer qu’on est là pour les aider à aller mieux… Autant de détails qui sont essentiels pour que le patient comme le praticien tirent le meilleur profit de la thérapie.

J’ai apprécié aussi la diversité des situations, propre à l’être humain. On n’a pas tout appris auparavant en classe et il convient donc de toujours rechercher la meilleure des solutions.

kiné chinoiseJ’ai aussi observé les différences entre la Chine et la France en matière de kinésithérapie. Pendant mon séjour, la plupart des patients que j’ai rencontrés avaient des douleurs au cou, aux épaules ou au dos. En Chine, en revanche, plus de la moitié de mes patients sont hémiplégiques. Par rapport à la France, la kiné chinoise est plus axée sur la récupération du système nerveux et un peu moins sur la rééducation musculo-squelettique. C’est sans doute parce que dans mon pays la réadaptation neurologique s’est développée plus tôt que la réadaptation musculo-squelettique dont la pratique est encore récente.

Comme je l’ai constaté plus tard au Groupe hospitalier Diaconesses Croix Saint-Simon, en France la kinésithérapie est utilisée du début à la fin du séjour des patients dans toutes les maladies. En Chine, en raison du manque de thérapeutes, peu d’hôpitaux offrent par exemple des exercices de respiration : l’expectoration des patients est prise en charge par des membres de leur famille ou des aides-soignants, préalablement instruits par les kinés. Au bout du compte, la principale différence que mon stage me permet d’établir entre les hôpitaux chinois et français est que la rééducation me semble plus complète en France : elle dispose de meilleurs équipements, de thérapeutes adéquats et d’une éducation sanitaire plus grande des patients. Pourtant, en soi, il n’y a pas beaucoup de différences dans les techniques de traitement, si ce n’est qu’en Chine nous combinons la médecine traditionnelle chinoise avec la kinésithérapie pour aider les patients à mieux récupérer.

Une autre approche pédagogique

kiné chinoise pilluPendant les cours de massage et de mobilisation, j’ai appris à masser d’une manière plus douce et pratiqué différents types de mobilisation. Surtout, j’ai beaucoup appris de la méthode d’enseignement française : au lieu de dire aux élèves ce qu’ils doivent faire directement, l’enseignant (en l’occurrence Michel Pillu) leur demande de faire la manipulation de la façon qui leur semble la plus adaptée, puis il les corrige en fonction des besoins. C’est une excellente méthode qui pousse les élèves à réfléchir. Et c’est important, parce qu’en tant que kinésithérapeute, on devrait toujours réfléchir à nos gestes.

Il y a enfin une autre différence que j’ai notée : en Chine, nous avons très peu recours aux croquis alors qu’à l’École d’Assas aussi bien les enseignants que les autres étudiants utilisent volontiers le dessin pour expliquer leurs choix. Je pense que c’est un bon moyen qui aide à mieux comprendre les connaissances théoriques. En conclusion, je dois dire que c’est sûrement au niveau de l’approche et de la méthode pédagogique que j’ai le plus appris de ce programme.

Avec Maeva Danois, objectif Tokyo !

Maeva Tokyo Assas Podologie

Membre de l’équipe de France d’athlétisme, spécialiste du steeple chase, Maeva Danois est aussi étudiante en pédicurie-podologie à l’IFPP de l’École d’Assas. Le mois dernier, de nombreux médias se sont penchés sur son cas, emblématique du peu de considération que certains sponsors ont pour les champions qui portent leurs couleurs (lire ici par exemple). Blessée au genou en 2018, Maeva a en effet perdu au cours de cette épreuve le soutien de son équipementier – Nike, car il faut bien le citer. Comme ce qui ne nous tue pas nous rend plus forts, Maeva est désormais de retour sur la piste avec le regard fixé sur les JO de Tokyo en 2020 sans pour autant négliger ses études. Toute l’École d’Assas l’encourage !

Maeva Tokyo Assas Podologie

1) Maeva, vous avez repris l’entraînement depuis plusieurs semaines : comment réagit votre genou ?

Après ma rupture du ligament croisé antérieur, le 27 mai 2018, et l’opération consécutive (le 17 juillet 2018), mon entraîneur et moi avons fait le choix de travailler à me construire un corps solide en 2019, avec l’objectif d’attaquer 2020 forte aussi bien musculairement que mentalement. Mon rythme d’entraînement n’a jamais été aussi intense qu’après la blessure. Les amplitudes au niveau du genou ont été retrouvées très rapidement et je n’ai ressenti aucune douleur pendant la période post opératoire. Ce long processus de reconstruction physique et psychologique m’a permis de mettre à profit ma résilience.

2) Et maintenant, quel est votre horizon d’athlète ? Les JO de Tokyo ?

Les Jeux Olympiques sont les derniers championnats manquant à mon CV sportif et, sans camoufler mes ambitions, mais sans prétention : oui, je veux aller à Tokyo.

Maeva Tokyo Assas Podologie3) Et votre horizon professionnel ? Cette longue année de blessure et d’incertitude sportive a-t-elle pesé sur vos études de pédicure-podologue ?

Pour tout avouer, c’est l’inverse : après avoir fait le choix de me consacrer 100% au haut niveau en 2018 en faisant une année de césure dans mes études, l’arrêt de mes études de pédicure-podologue a pesé sur mon mental. Ce n’est pas un hasard si ma première grosse blessure s’est manifestée cette même année. La rupture de mon ligament croisé était aussi une rupture psychologique : je n’avais plus l’évasion de la haute performance que m’apportent les études. Je peux le constater aujourd’hui et en témoigner : j’ai repris mon cursus de façon aménagée, et c’est un regain d’énergie incomparable ! Cette année de césure et cette blessure m’ont fait grandir et j’ai le sentiment d’être encore plus ambitieuse et rigoureuse dans ce que j’entreprends : les défaites rendent la vie intéressante ; les surmonter lui donne un sens.

1 2 3 81