Billet kiné des antipodes

Antipodes Assas Bond University

Sportive de haut niveau, étudiante en K3 à Saint-Quentin, Laura Thorpe est actuellement en stage en Australie, à l’université de Bond, sur la Gold Coast, partenaire de l’École d’Assas. Elle a gentiment accepté de partager avec nous ses premières impressions.

1) Laura, tu as choisi de partir en Australie au mois de janvier : c’était pour fuir l’hiver parisien et suivre de plus près l’Australian Open ?
Bien sûr que l’été austral était un critère alléchant pour partir, je ne le nie pas ! En fait, j’ai pu découvrir le pays lors de ma participation à l’Australian Open en 2011. C’est mon grand chelem préféré (après Roland-Garros bien sûr qui est à la maison !) en terme de qualité de vie, d’organisation, de sympathie des gens… J’apprécie aussi la mentalité positive de la population et j’adore vraiment le climat, très chaud et humide.
Professionnellement, j’ai eu l’occasion de recevoir un bon nombre de traitements de la part de kinés anglo-saxons et australiens dont j’ai apprécié le travail. J’ai été très intriguée par leurs méthodes et leurs techniques, ce qui m’a incité à prendre contact avec eux pour organiser ma venue.

2) Dans quel cadre se déroule ton stage ?
Bond University AssasJe suis au sud de Brisbane, dans le Queensland. Bien que Bond University soit l’une des plus petites universités du pays, le campus est immense ! Le diplôme de kinésithérapeute s’y obtient en 2 ans après une formation en science ou en biologie. Les étudiants ont déjà de bonnes connaissances en anatomie et biomécanique avant de commencer leur première année. Leur 1ère année est l’équivalent de notre 3ème année, je dirais, ce qui tombe parfaitement.
La faculté de kinésithérapie est située dans un superbe centre « sport et santé » avec de belles infrastructures sportives : terrain de foot et rugby pour les matchs importants, courts de tennis flambants neufs, piscine olympique et salle de gym pour les étudiants mais aussi pour les athlètes extérieurs. C’est aussi une région tournée vers le surf. Nous ne sommes pas loin du spot de Snapper Rocks, l’un des meilleurs spots de surf de niveau mondial, mais aussi l’un des plus fréquentés comme le montrent les vidéos sur Internet. J’aurais aimé vivre dans les années 60 pour profiter de ce paradis de vagues vierges…
Ici, à vrai dire, tout tourne autour de l’industrie du surf : celui qui ne surfe pas n’est pas « normal »… C’est aussi pour cela que je suis là : le surf est une activité en plein développement et un marché à conquérir. Comme kinésithérapeute, c’est motivant.

Antipodes Bond University Assas

 

3) Tes premières impressions ?
Le sport est au centre des intérêts des étudiants. La mentalité australienne est très ciblée sur la santé, le bien-être, la thérapie holistique et naturelle. Pas de café pendant la pause ni de cigarette mais plutôt smoothies et fruits. Il y a seulement 12% de fumeurs dans ce pays où le paquet de cigarettes est à 25 euros… Un bel objectif pour la France ! Comme sportive, je m’y sens très à l’aise.
Une fois par semaine, je peux assister à un cours sur le système musculo-squelettique : cervical supérieur et inférieur, thoracique et lombaires. Les cours, qui rassemblent une cinquantaine d’étudiants, se tiennent dans une belle salle de TP, bien équipée avec tables de massages et video. 5 professeurs sont présents et assistent les étudiants dans leur pratique. Pratique et théorie sont mixées dans un même cours. L’approche est différente de la nôtre mais intéressante car, dès le premier cours, les enseignants abordent la démarche diagnostique : « Pourquoi fait-on cela et comment ? »
Les techniques enseignées sont très locales, surtout néo-zélandaises. Les formateurs insistent sur le fait qu’elles sont « de dernière génération ». Cela m’a beaucoup amusé pendant un cours quand le professeur a rayé au tableau 2012 pour le remplacer par 2017. 2012, c’est déjà très « updated » pour moi !

4) Un mot pour ceux qui te succéderont ?
Je pense que c’est une chance d’avoir ce partenariat avec l’université de Bond, qui est très ouverte et qui accueille des étudiants venus de Suède, de Canada et des États-Unis. J’espère que d’autres étudiants d’Assas en profiteront.
Il faut avoir conscience toutefois qu’ici on est très loin de l’Europe. Je parle du pays et de la mentalité, pas de l’université. « L’Australien » est le spécimen humain le plus chauvin que je connaisse, il a du mal à s’intéresser à ce qui passe ailleurs que chez lui et à admettre les qualités des autres pays. C’est comme si le monde s’arrêtait aux frontières de son pays…

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